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La mécanique du piano Étouffoir, attrape, chevalet, échappement, marteau.

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La mécanique du piano
Article en lien avec le piano

Introduction

La mécanique du piano est constituée par l’ensemble des pièces actionnées par les touches du clavier du piano et permettant la frappe du marteau sur les cordes du piano. L’ajustement des pieces de la mécanique du piano est intitulé le réglage de la mécanique et du clavier du piano

Dans la première partie du document j’aborderais le sujet des pièces de la mécanique de piano et de leur fonctionnement. parmi ces pièces j’évoquerais les étouffoir, les attrapes, les chevalets, les échappement ou encor, les marteaux.

J’aborderais ensuite le sujet des types de mécaniques de piano. En effet, plusieurs types de mécaniques de piano ont existé. Je parlerais des premiers mécaniques de Bartolomeo CRISTOFORI. Puis J’aborderais le sujet des mécaniques Viennoises et Anglaises. Enfain, j’évoquerais les mécaniques des piano droits et des pianos à queue contemporains.

Dans la dernière partie du document, je parlerais des marques et fabricants de mécaniques de piano. En effet, les mécaniques de piano sont souvent fabriquées par des sociétés spécialisées dans la construction de mécaniques de piano, comme la société Renner. Certains facteurs de piano cependant fabriquent directement leurs mécaniques, comme Steinway & Sons, Yamaha ou Kawaï

Animation de la mécanique d’un piano
De type piano à queue

Les pièces de la mécanique de piano

Généralités sur les pièces de la mécanique du piano

La mécanique du piano est un système complexe constitué de l’ensemble des pièces qui vont permettre la frappe de la cordes du piano et donc l’émission d’un son lorsqu’une touche du clavier est enfoncée. Il est possible de classer les différentes pièces de la mécanique du piano est 5 groupes de pièces qui vont chacun avoir un objectif bien particulier.

La touche du clavier de piano enclenche tout le reste de la mécanique.

Les leviers d’étouffoir, les têtes d’ étouffoirs et Les feutres d’étouffoirs permettent à la corde de résonner ou au contraire l’étouffent.

L’attrape marteau permet, en cas de répétition de la note sans relâchement de la touche d’empêcher le marteau de frapper la corde aussi fort lors des répétition que lors de la première frappe.

Le chevalet, le levier de répétition et le bâton d’échappement constituent le cœur de la mécanique du piano

Le marteau est la pièce qui va venir frapper la corde pour produire le son.

La touche du clavier de piano

La touche du clavier du piano n’est pas considérées comme une pièce faisant partie intégrante de la mécanique du piano. Par contre, c’est elle qui va entraîner tout le mouvement de la mécanique qui va in fine aboutir a la frappe du marteau sur la corde. La touche du clavier de piano est une grande pièce de bois, en général de l’épicéa, en équilibre sur une pointe de balancier. la pointe de balancier est quant à elle fixée sur le plateau du clavier de piano. En position relâchée, la touche de piano est relevée à l’avant et enfoncée à l’arrière, par contre, lorsque le pianiste appuie sur une touche de piano, celle ci bascule sur son axe. La partie avant de la touche s’enfonce alors que dans le même temps, sa partie arrière remonte, entraînant par la même occasion le mouvement coordonné et néanmoins indépendant de plusieurs groupes de pièces.

touches de clavier de piano
Touches de clavier de piano
avec pointe de balancier

Le levier d’étouffoir, la tête d’étouffoir et l’étouffoir

Lorsque le pianiste appuie sur une touche du clavier de piano, l’extrémité arrière de la touche remonte et vient appuyer sur le levier d’étouffoir (via une petite pièce appelée la cuillère d’étouffoir). le levier d’étouffoir est une pièce de la mécanique du piano qui va alors remonter et, via la tige d’étouffoir, rehausser la tête d »étouffoir. la tête d’étouffoir est une pièce de la mécanique du piano située au dessus de la corde et sur laquelle sont fixés les feutres d’étouffoirs. En position normale, la tête d’étouffoir est en contact avec la corde (via les feutres d’étouffoir), empêchant par la même occasion cette corde de résonner. La remontée de la tête d’étouffoir a pour conséquence de décoller les feutres d’étouffoirs de la corde du piano qui peut alors résonner librement.

En revanche, lorsque le pianiste relâche la touche du clavier de piano, le levier d’étouffoir ainsi que la tête d’étouffoir et les feutres d’étouffoir se replacent dans leur position d’origine et la corde est a nouveau empêchée de résonner par les étouffoirs qui sont en contact avec elle. Le levier d’étouffoir, peut également être actionné par la pédale forte (ou pédale sustain) du pédalier du piano

étouffoirs de piano
Tètes d’étouffoirs et feutres d’étouffoirs
sur cordes de pianos

L’attrape marteau

L’attrape marteau est une pièce de la mécanique du piano constituée principalement de bois, surmontée de feutre et fixée directement à l’arrière de la touche de piano sur une tige de métal à un angle d’environ 72 degrés. Lorsque la touche de clavier de piano est enfoncée, cet attrape marteau remonte, ce qui aura pour conséquence d’empêcher le marteau, après sa frappe sur la corde de se replacer dans sa position d’origine. En effet, tant que la touche du clavier de piano reste enfoncée, l’attrape marteau est relevé et le marteau est bloqué dans sa descente à environ mi chemain de sa course. Si le pianiste veut répéter le son de la corde sans relâcher la touche de clavier de piano, le marteau aura alors moins d’élan et sa frappe sur la corde sera moins forte. Dès que la touche du clavier de piano est relâchée par contre, l’attrape marteau retrouve sa position normale et la marteau également.

attrapes marteaux pleyel
Attrapes marteaux de piano à queue
vues de face
Attrape marteaux
Attrapes marteaux de piano à queue
vues de coté

Le chevalet, le levier de répétition et le baton d’échappement

Le chevalet, le levier de répétition, le bâton d’échappement et le pilote d’échappement sont les pièces qui constituent le cœur de la mécanique du piano.

Le chevalet

Le chevalet est une pièce de bois, dont le rôle est d’entrainer le mouvement de plusieurs autres pièces. Lorsque la touche du clavier de piano est enfoncée, celle-ci vient appuyer sur le chevalet par en dessous via une petite pièce appelée le pilote de touche. Le chevalet se met alors en mouvement et entraîne les mouvements du levier de répétition et du bâton d’échappement.

Le levier de répétition

Le levier de répétition un pièce de la mécanique du piano constitués de bois. le mouvement du levier de répétition guide le mouvement du bâton d’échappement et a également un rôle a jouer dans la capacité de répétition de la note.

Le bâton d’échappement

Le bâton d’échappement est une pièce de bois dont le mouvement propulse le marteau vers les cordes. il forme avec le levier d’échappement une sorte de « L ». la grande barre du « L » est appelée le bâton d »échappement, alors que la petite barre se nomme le levier d »échappement. Le mouvement du bâton d’échappement est certainement l’aspect le plus astucieux de la mécanique du piano et également le plus important à comprendre.

En effet, le bâton d’échappement propulse le marteau vers les cordes en venant appuyer sur le rouleau du marteau avec un mouvement oblique. Ce mouvement oblique du bâton d’échappement fait qu’après avoir appuyé sur le marteau, le bâton d’échappement continue son mouvement et libère le marteau. Le bâton d’échappement ne reste donc pas en contact avec le marteau, il s’en échappe, d’où le nom de cette pièce.

Cette astuce géniale, permet au marteau de faire résonner librement la corde et de se repositionner sans contrainte. Si le pianiste relâche légèrement la touche de piano le bâton d’échappement vient se replacer sous le rouleau du marteau du piano, le pianiste peut alors enfoncer complétement la touche et le bâton d’échappement propulse a nouveau le marteau avec une force moins importante.

Le levier d’échappement (et le pilote d’échappement)

Le levier d’échappement est une pièce de la mécanique du piano qui constitue la petite barre d’un ‘L’ (la grande barre étant le bâton d’échappement). Il est bloqué dans sa course par une pièce fixée au bâti et nommée le pilote d’échappement, bloquant par la même occasion la course du bâton d’échappement et lui donnant ce mouvement oblique.

chevalet, levier de répétition et échappement du piano
Chevalet, levier de répétition et bâton d’échappement
pièces de mécanique de piano

Le marteau du piano

Le marteau du piano est la pièce de la mécanique du piano qui va venir frapper la corde. Il est propulsé vers la corde par le levier d’échappement. Le marteau est constitué de 3 grandes parties. l’olive, le manche et la tête.

L’olive du marteau du piano

L’olive est la partie du marteau fixée sur la barre des marteaux, cette partie du marteau reste immobile. elle est reliée au manche du marteau par une petite articulation. Sur certaines mécaniques de piano, en particulier les mécaniques Pleyel, l’olive est remplacée par un peigne qui rempli la même fonction.

Le manche du marteau du piano

Le manche du marteau est la partie centrale du marteau, il est relié à l’olive de marteau d’un coté, via une articulation et à la tête de marteau de l’autre côté . c’est sur le manche du marteau qu’est fixé le rouleau du marteau. ce rouleau est la pièce qui est frappée par le bâton d’échappement et qui entraîne la propulsion du marteau vers les cordes. Sur certaines mécaniques, en particulier les mécaniques Pleyel, le rouleau du marteau est remplacée par une pièce appelée le nez du marteau, qui rempli la même fonction.

La tête du marteau du piano

La tête de marteau est la partie qui va venir frapper les cordes. c’est la partie la plus importante du marteau. La partie centrale de la tête de marteau est constituée de bois. elle est recouverte de feutre, la forme, la densité et la qualité de ce feutre sont très importantes pour la richesse du son produit par le piano. Lorsque la tête du marteau s’use, il est possible de la retravailler, ce travail de la tête du marteau est appelé l’ harmonisation du piano

têtes de marteaux de piano
Têtes de marteaux de piano
à queue
marteaux de piano à queue
Marteaux de piano
à queue

Les types de mécanique de piano

La mécanique du piano de Bartolomeo CRISTOFORI

Invention de la mécanique du piano

La mécanique du piano a été inventée en 1698 par le Florentin Bartolomeo CRISTOFORI (1655-1731). Bartolomeo CRISTOFORI était facteur de clavecins et de clavicordes et il cherchait une solution au manque de nuance de ces instruments de musique. En effet, il était déjà plus ou moins possible de nuancer la puissance sonore du clavicorde, cependant le rendu sonore était alors très faible. Bartolomeo CRISTOFORI inventa donc un mécanisme très ingénieux dans lequel des marteaux, recouverts à l’époque de peau, venaient frapper des cordes plus ou moins fort en fonction de la vigueur avec laquelle le musicien appuyait sur une touche de clavier. Cette mécanique ne changeât pas fondamentalement par la suite, elle bénéficia cependant de plusieurs améliorations successives.

Amélioration de la mécanique du piano

La première amélioration notable de la mécanique du piano fut apportée par l’allemand Gottfried SILBERMANN (1683-1753) qui, peu après la mort de Bartolomeo CRISTOFORI, ajouta à la mécanique du piano un système permettant de lever tous les étouffoirs via la pédale forte. un siècle environ plus tard, en 1826, le Français Henri PAPE (1789-1875) améliora encore la mécanique du piano en remplaçant les garnitures de cuir des marteaux de piano par du feutre en laine de mouton.

La mécanique de piano dite Viennoise ou Allemande

Invention et age d’or de la mécanique Viennoise

la mécanique de piano viennoise ou allemande est un type de mécanique inventée par Johann Andreas Stein vers 1770. a l’époque de son invention, elle entousiasma un grand nombre de compositeurs. Elle était en effet considérée par beaucoup comme la mécanique la plus aboutie. Elle se généralisa donc chez les facteur de piano allemand de l’époque comme Bosendörfer, mais aussi Petrof, Stein, Graf, Herbar ou encor Czapka.

Fonctionnement de la mécanique Viennoise

la mécanique Viennoise se caractérise par un positionnement des marteaux avec des têtes de marteaux placées vers le clavier, inversé par rapport à la mécanique anglaise. Les étouffoirs sont quant a eux posés sur un carcan plutôt que sur des têtes d’étouffoirs. Mais c’est le système de propulsion des marteau qui se démarque le plus de la mécanique anglaise. En effet, dans la mécanique Viennoise, les marteaux sont propulsés par un doigt d’échappement plutôt que par un bâton d’échappement selon un principe de fonctionnement bien différant.

Disparition de la mécanique Viennoise

Aujourd’hui, la mécanique Viennoise a été abandonnée par l’ensemble des facteurs de piano moderne au profit de la mécanique dite « anglaise », plus proche de la mécanique de Bartolomeo CRISTOFORI. On ne trouve donc plus cette mécanique Viennoise que sur certains pianos antique datant du XVIII et du XIXème siècle.

Cette disparition est très regrettable. En effet, la mécanique viennoise permettait une grande sensibilité dans les nuances ainsi qu’un jeu plus rapide grace a une profondeur d’enfoncement des touches plus courte. De plus, elle rendait une sonorité plus claire et plus douce, impossible a rendre sur les pianos modernes a mécanique anglaise et a la sonorité plus sombre et puissante. Cette différence de sonorité fait qu’aujourd’hui, il est devenu impossible de jouer nombre d’œuvres selon les indications voulues par certains des compositeurs les plus fameux de l’histoire du piano qui vivaient a une époque ou ce type de mécanique était en vogue. On peut citer parmi ces compositeurs Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Liszt, Ludwig van Beethoven, Frédéric Chopin, ou encor Robert Schumann.

La mécanique de piano dite Anglaise ou à poussoirs

Invention de la mécanique Anglaise

La mécanique anglaise est un type de mécanique de piano inventé en 1772 par l’Anglais Americus Backers. En effet, Americus Backers, qui était anglais et non pas américain ajouta un système d’échappement a la mécanique de Bartolomeo CRISTOFORI. Cette mécanique fut encore améliorée par la suite avec l’ajout d’attrape marteau par John Broadwood et Robert Stoda. Les attarpe marteaux empêchent le marteau de rebondir après la frappe de la corde.

La mécanique Anglaise est donc une simple évolution de la mécanique de Bartolomeo CRISTOFORI. En effet, la mécanique Anglaise reste très proche de la première version de la mécanique de piano inventée par Bartolomeo CRISTOFORI. Dans la mécanique Anglaise, tout comme avec la mécanique de Bartolomeo CRISTOFORI, le marteau du piano reste propulsé vers les corde par un bâton d’échappement, contrairement à la mécanique Viennoise ou le marteau est propulsé vers les cordes par un doigt d’échappement.

Domination de la mécanique Anglaise

on retrouve la mécanique Anglaise donc sur tous les pianos moderne, en effet, la mécanique anglaise est la seule encor fabriquée de nos jours. De nos jours, on ne précise d’aileurs meme plus le mot « anglaise ni ‘à poussoirs’ pour désigner cette mécanique. On dit simplement mécanique de piano pour signifier mécanique anglaise de piano, en oubliant par la même occasion que d’autres types de mécanique ont existé.

Mécanique de piano Steinway 1902
Mécanique de piano Steinway & Sons
De 1902
Mécanique de piano Pleyel de 1938
Mécanique de piano Pleyel
De 1938

La mécanique des pianos droit ou des pianos à queue

Les mécaniques des pianos droits ou a queue actuels sont simplement des variantes de la mécanique Anglaise. Ces 2 variantes de la mécanique Anglaise sont basées sur les mêmes principes, on retrouvera donc les mêmes pièces dans leurs composition. Elles se distinguent cependant l’une de l’autre par plusieurs points.

La mécanique de piano droit

Dans la mécanique de piano droit, Les cordes sont verticales et le marteau frappe celles ci par devant. Le toucher du clavier d’un piano avec une mécanique droite est plus léger que celui du piano à queue

La mécanique de piano à queue

Dans la mécanique de piano à queue, les cordes sont placées horizontalement et le marteau frappe celles-ci par dessous. De plus, le mécanisme du piano à queue est légèrement plus complexe que la mécanique de piano droit de façon à permettre une répétition de la note sans relâchement de la touche, ce qui n’est pas permis avec le piano droit.

Mécanique de piano Kawai
Mécanique de piano Kawai
moderne
Mécanique de piano Stuart & Sons
Mécanique de piano Stuart & Sons
Sans le clavier

Les marques et les fabricants de mécaniques de piano

Les fabricants de mécaniques de piano.

Des le début du XIXeme siecle, certaines sociétés se spécialisèrent dans la fabrication de mécaniques de pianos. Ce fut le cas Notemment de Renner, de Schwander et plus tard de Langer.

Renner

Renner est une société spécialisée dans la fabrication de mécaniques de pianos à queue. Elle fut fondée en 1882 par Louis Renner et est toujours en activité. Les mécaniques de piano Renner équipent la majorité des pianos haut de gamme actuels Européens. Renner est actuellement le fabriquant numéro 1 mondial de mécaniques de piano. De plus, Renner continue de commercialiser des pièces pour piano antiques, par exemple des mécaniques viennoises, ce qui permet aux facteurs de pianos et aux techniciens du piano de restaurer les mécaniques de la plupart des pianos, même les plus anciens

Schwander et Langer

Schwander et Langer par contre ont disparu. Herrburger-Schwander était une société spécialisée dans la fabrication de mécaniques de pianos à queue. Elle fut fondée en 1844 par Jean Schwander qui s’associa ensuite avec Joseph Herrburger. Elle fut un temps la plus importante fabrique de mécaniques de pianos à queue européenne, devant Renner et équipa la plupart des grandes marques de pianos européens tel que Érard, Gaveau ou encor Pleyel. sa production s’arrêtera néanmoins en 1967. Langer était une filiale de Schwander spécialisée dans la fabrication de mécaniques de pianos droits. elle fut fondée en 1937 et cessa son activité en 2002

mecanique de piano renner
Mécanique de piano Renner
moderne
Mécanique de piano Schwander de 1912
Mécanique de piano Schwander
de 1912